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Sofiane Tessira : « le chef d’entreprise préfère ramener du personnelle opérationnel »

Le ministère de la formation professionnelle organise jusqu’au 4 juillet une exposition de ces réalisations entre 1999 et 2017. L’occasion pour le secteur d’exposer les réalisations qu’il a accomplies sur deux décennies.

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Propos recueillis par Bilel Boudj

Pour l’occasion, le chargé de communication du ministère, Sofiane Tessira, a bien voulu répondre à nos questions, il est d’ailleurs revenu sur l’intérêt de cet événement.

« Nous avons déjà des éditions de ce type, mais elles ne traitaient pas du même thème. C’est une exposition à part, nous exposons les réalisations du secteur de la formation professionnelle depuis 1999 à ce jour. Pendant cette période, nous enregistré beaucoup de choses positives ainsi qu’un véritable développement de la croissance. Si on parle des établissements de la formation professionnelle, le nombre était à 671 établissements, aujourd’hui, il y a 1234 établissements, en sachant que d’autres établissements sont prévus d’ouvrir en septembre prochain.

Il faut savoir que pour l’ouverture d’un nouvel établissement, il faut d’abord le construire, le créer juridiquement et former le personnel. Donc chaque enseignant/formateur doit déjà bénéficier d’une formation statutaire après le recrutement, pour que nous puissions ouvrir ensuite un centre de formation (CFPA) ou un institut spécialisé. »

Combien y a-t-il d’inscrit en moyenne chaque année ?

En moyenne, on tourne autour 650 000 à 700 000 jeunes inscrits, entre les deux sessions. Il faut savoir que dans la formation professionnelle, il y a la rentrée de la formation professionnelle principale qui généralement, se fait à la fin septembre, puis une deuxième session qui se fait au mois de février. La deuxième session est complémentaire, nous essayons de nous adapter aux données de la société, par exemple, quand vous avez un jeune qui n’a connu que le système scolaire, et qui n’a pas eu son BAC ou son BEM, et qui ne peut pas revenir à l’établissement scolaire. Pour lui, cela demande du temps pour aller à la formation professionnelle, s’il ne s’est pas inscrit au mois de septembre, nous lui laissons une deuxième chance pour le mois de février.

Cette hésitation n’est-elle pas aussi due à problème de sensibilisation des jeunes ?

Tout le monde connait le système de la formation professionnelle, mais avant, le secteur souffrait d’une image plus ou moins négative dans la société. On disait généralement, que la formation professionnelle était le réceptacle de ceux qui n’ont pas réussi ou qui étaient en échec scolaire, mais ces dernières années, vu le développement qu’a connu le secteur et vu les spécialités et la facilitation avec laquelle nos jeunes diplômés sont insérés dans le monde du travail, fait que les jeunes choisissent de plus en plus la voie de la formation que la voie classique. d’ailleurs, nous avons de plus en plus de jeunes qui choisissent, une fois leur BAC obtenu, de se tourner vers la formation professionnelle et de bénéficier d’une formation que d’aller vers l’enseignement supérieur, pour passer 3 ou 4 années en ne sachant pas ce qu’ils feront par la suite.

Je vous donne un exemple, l’institut Karma à Boumerdès, qui forme dans les métiers du tourisme et de l’hôtellerie, la rentrée de septembre 2017 a vu plus de 600 apprenant, sur 800 inscrits, être des bacheliers et des universitaires.

Comment expliquez-vous cette nouvelle tendance qui voit des jeunes bacheliers ou universitaires se tourner vers la formation professionnelle ?

Je vais vous donner 2 chiffres significatifs de la situation, ils viennent de l’ANEM qui a mené une étude en ce sens. L’étude confirme qu’en 2016 et 2017, plus de 83 % des diplômés de la formation professionnelle qui déposent une demande d’emploi auprès de l’ANEM, sont insérés dans le monde économique en moins de 6 mois. Pratiquement 93% de ceux qui déposent une demande d’emploi sont insérés dans le monde du travail avant une année, ce sont des chiffres vraiment très encourageant.

Et de là, un jeune qui vient d’avoir son BAC pour aller à l’université, mais sa finalité c’est de trouver un travail avec lequel il peut vivre décemment, et si à travers la formation professionnelle, il peut trouver ça. Comme si c’était un raccourci, il va directement vers la pratique, puisque 80% son cursus est constitué de pratique. Il va faire ses stages au sein même de l’entreprise économique, et dès qu’il a son diplôme, il est opérationnel.

Le chef d’entreprise préfère ramener quelqu’un d’opérationnel que de ramener quelqu’un qui va nécessiter une nouvelle formation. Voilà pourquoi actuellement, on voit ressent cet engouement des jeunes vers la formation professionnelle.

Quels sont les domaines de la formation professionnelle les plus demandés par les jeunes ?

Les jeunes algériens sont très éveillés, ils savent exactement ce qu’ils veulent. Dès qu’ils ont trouvé leur intérêt dans un secteur ou une spécialité, il y a un engouement. Nous par contre au ministère de la formation professionnelle, notre stratégie est basée sur un point très important qui est celui de l’adéquation de la formation professionnelle aux besoins du monde économiques et les besoins du monde du travail.

Ça veut dire que si demain, nous ouvrons une formation, il faudrait qu’il y ait un besoin émis par l’entreprise. Une fois le jeune formé, il est embauché. Et dans cette relation, nous avons créé d’autres modes de formation, à l’instar du mode d’apprentissage, c’est-à-dire que le jeune ne fera pas sa formation dans un centre mais surtout à 80% dans une entreprise économique, dans une usine, un artisan ou dans un chantier. Et de là, il va apprendre le métier sur le tas, et généralement une grande partie de ces jeunes est recrutée directement par la même entreprise qui les a formé.

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