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« Paris pourrait être autosuffisante en 2054 »?

Paris rooftops. Eiffel Tower, Paris, France

Paris pourrait-elle, d'ici des années, produire localement ses propres matières premières ? Possible ! En tous cas les acteurs locaux y croient. En effet, le concept de ville productive séduit de plus en plus d’institutions publiques et d’acteurs du secteur privé.

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Par ParisJob 

Cette notion de ville autosuffisante est la base de la vision portée par le réseau international Fab City, un groupement qui opère pour des villes localement productives et globalement connectées. Depuis 2014, le réseau des Fab City connecte 18 villes dans le monde qui testent et développent de nouveaux modèles urbains pour produire localement et tendre vers l’autosuffisance grâce à l’action citoyenne. Le Summit international des Fab City aura lieu cette année à Paris, du 11 au 22 juillet. Paris pourrait-elle devenir autosuffisante ? Eléments de réponses avec Francesco Cingolani, porte-parole de l’association Fab City du Grand Paris.

Qu’est-ce qu’un Fab City et comment en êtes-vous venu à créer un tel réseau à Paris ?

Je suis architecte de formation. En 2014, j’ai créé un lieu d’expérimentations,  Volume, qui fait office de coworking, fablab, laboratoire de production culinaire. Quand nous avons fondé ce lieu de 500 m2 nous ne nous attendions pas à de telles interactions. Nous avons alors vite compris que nous avions un rôle à jouer dans le quartier puis à l’échelle de la ville avec d’autres acteurs du territoire notamment des Grands paris qui avaient les mêmes valeurs que nous. Architecture, urbanisme, agriculture urbaine, création numérique ou emplois durables, nous nous sommes rendu compte qu’il était important et nécessaire de commencer à travailler avec des acteurs en réseau et de créer un nouvel écosystème ensemble. C’est comme cela que le réseau Fab City du Grand Paris est né : rassembler ces acteurs sur territoire parisien et représenter Paris parmi les 18 autres villes dont Barcelone et Boston. Nous voulons montrer qu’il est possible de produire en ville pour produire autrement.

Quels types d’actions menez-vous ?

Toutes nos actions sont petites mais si nous mettons en place une multitude d’actions, elles deviennent importantes grâce à la puissance du nombre. Une toute petite initiative peut être répliquée ailleurs. Par exemple des membres du réseau de Londres ont mis en place un outil en ligne qui répertorie tous les producteurs locaux. Tout le monde a désormais accès aux artisans anglais pour faire fabriquer des objets. Nous sommes en train de faire la même chose à Paris.  En agriculture urbaine des chercheurs en robotique sont en train de réfléchir à de nouvelles façons de travailler. Nous travaillons aussi avec des Think Tank comme OuiShare mais aussi des grandes écoles comme l’école des Ponts et Chaussées.

Comment réussissez-vous à développer ce réseau ?

Il faut être plusieurs et surtout sensibiliser les grands acteurs. Le réseau Fab City Grand Paris a la volonté de rassembler des acteurs de terrain comme nous mais aussi des institutions publiques comme la mairie de Paris.  Nous créons aussi des partenariats industriels avec des promoteurs immobiliers qui soutiennent notre démarche.

Quels sont les secteurs porteurs en Ile-de-France ?

La fabrication d’objets est le domaine le plus représenté. Viennent ensuite l’architecture, l’urbanisme,  les experts de l’économie collaborative et l’alimentation durable et l’agriculture urbaine.

Paris pourrait-elle devenir autosuffisante ?

Absolument ! Paris pourrait être autosuffisante en 2054. Nous avons commencé à travailler sur le projet en 2014 suite au défi lancé de manière inattendue par la maire de Barcelone. D’autres villes ont fait ce pari tout à fait symbolique. Réintroduire la production en ville signifie systématiquement relocaliser des tâches de fabrication à Paris ce qui impliquerait de nombreuses créations d’emplois. De nos jours, seulement 2 à 5 % des biens consommés sont produits localement. Grâce à notre démarche, nous pourrions passer à 15-20% en 10 ans (et éventuellement à 50% d’ici 2054).

Quelles en seraient les conséquences en termes d’emplois ?

Il est impossible de chiffrer le nombre de postes qui seront créés grâce à l’approche ville productive de Fab City et ce ne serait pas sérieux d’annoncer des valeurs qui restent à prouver. Ce qui est sûr, c’est que ces évolutions auront un très grand impact sur les nouveaux métiers. Une partie des métiers que nous connaissons aujourd’hui n’existera plus dans quelques années, il est donc primordial de construire des systèmes de formation basés sur un apprentissage continu plutôt que sur des connaissances stables. Apprendre à apprendre doit devenir le nouveau standard dans la formation. 40% des emplois qui existent aujourd’hui seront supprimés à cause ou grâce à l’automatisation numérique des tâches, ce qui ouvre des champs nouveaux sur les occupations de demain.

Le Fab City Summit de Paris se tiendra à la Villette du 11 au 22 juillet. Toutes les informations juste ici.

 

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