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L’OIT établit de nouvelles normes pour mesurer les nouvelles formes invisibles de travail

La 20e Conférence internationale des statisticiens du travail (CIST)  s’est terminée par une révision majeure et une extension des statistiques relatives aux travailleurs et au travail décent.

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Rédaction internationale/OIT

La Conférence a convenu de nouvelles classifications des emplois qui prennent en compte les limites floues existant entre le travail dépendant – dans une relation d’emploi traditionnelle avec un employeur unique – et le travail indépendant qui tend vers des formes de travail plus individualisées et l’émergence de nouvelles formes d’emploi, y compris les plates-formes numériques, le travail à la demande, le travail collaboratif, le travail temporaire et le travail intérimaire. La Conférence a particulièrement mis l’accent sur l’informalité et la façon d’améliorer les méthodes utilisées, offrant ainsi de meilleurs conseils stratégiques.

«Ces nouvelles classifications que vous avez approuvées vont dorénavant couvrir toutes les formes de travail et fournir aux statisticiens dans chaque pays des méthodes alternatives pour rendre visibles les nouvelles formes d’emploi qui émergent. Cela va permettre d’adopter de meilleures politiques, plus efficaces, à l’échelon national et – point essentiel – cela aura un impact direct sur le bien-être de nombreuses personnes», a déclaré le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder, lors de la session de clôture.

La Conférence a notamment débattu du rôle du travail domestique et des travailleurs domestiques et de la façon de mieux inclure ces travailleurs dans la classification proposée des nouvelles relations du travail.

Elle a abordé le rôle des femmes dans le monde du travail en lançant de nouveaux outils pour appliquer la nouvelle série de définitions et d’indicateurs novateurs adoptés par la CIST en 2013; elle proposait la toute première définition statistique du travail qui s’éloignait de la définition étroite de «l’emploi» comme travail effectué en échange d’une rémunération ou d’un profit pour adopter une nouvelle définition qui inclut, entre autres, la production pour la consommation personnelle, le travail non rémunéré et le travail bénévole. Ces outils vont aider tous les pays à mener leurs enquêtes sur la main-d’œuvre en utilisant de manière systématique ces nouveaux concepts à l’appui de décisions politiques éclairées.

La réunion a traité la question de l’attribution d’une valeur économique au travail non rémunéré. La nécessité d’offrir une visibilité aux travailleurs qui sont invisibles dans les statistiques – par exemple, les femmes effectuant des tâches domestiques non rémunérées ou les bénévoles comme les travailleurs sociaux ou les travailleurs du secteur des soins – a fait l’objet de nombreuses discussions techniques menées par la Conférence.

Mesurer les progrès pour les ODD

Les statisticiens ont fourni des indicateurs repères pour mesurer les progrès au regard du Programme de développement durable des Nations Unies  à l’horizon 2030 en se mettant d’accord sur des méthodologies permettant d’évaluer les droits au travail et de suivre les progrès des programmes d’emploi des jeunes à travers le monde. Ces indicateurs qui relèvent de la responsabilité de l’OIT seront produits à l’échelle mondiale et l’OIT devra faire régulièrement rapport sur les progrès accomplis dans ces domaines.

Les nouvelles directives sur les migrations de main-d’œuvre, le travail forcé, les coopératives, ainsi que l’inadéquation des compétences vont aider les statisticiens à mieux saisir les enjeux et les tendances à l’œuvre dans le monde du travail. En outre, une résolution a été adoptée qui met à jour les méthodes de mesure du travail des enfants.

Préparer l’avenir des statistiques du travail

Au cours de la Conférence, une réunion de haut niveau a discuté de l’avenir des statistiques du travail. Elle a abordé des questions de fond comme d’éventuelles nouvelles sources statistiques issues des mégadonnées, l’ouverture des données, le financement de la production des statistiques, les enquêtes et les méthodes utilisées pour fournir des données aux responsables politiques, et les défis liés au Cadre mondial d’indicateurs relatifs aux ODD approuvé par l’Assemblée Générale des Nations Unies en 2017.

«La dernière session de la CIST a répondu à l’appel lancé par le programme des Nations Unies pour 2030 en faveur d’une “révolution des données” concernant la recherche de nouvelles méthodes pour recueillir des données et les rendre plus accessibles. Elle permettra aussi d’éclairer l’Initiative de l’OIT sur l’avenir du travail en définissant des manières de mesurer les nouvelles formes de travail qui devraient continuer de croître, en appréhendant mieux le rôle des femmes au travail, en s’intéressant aux zones rurales et aux groupes vulnérables comme les travailleurs migrants et en produisant de nouvelles données plus précises sur la façon dont la demande de main-d’œuvre évolue rapidement pour répondre aux compétences recherchées», a conclu Rafael Diez de Medina, Directeur du département de statistique de l’OIT.

Organisée pour la première fois en 1923, la Conférence internationale des statisticiens du travail (CIST) est l’organisme chargé de l’élaboration des normes à l’échelle mondiale dans le domaine des statistiques du travail; elle se réunit régulièrement tous les cinq ans. Environ 360 participants de toutes les régions du monde étaient présents, y compris des experts des gouvernements, représentant principalement les ministères du travail et les bureaux nationaux de statistique, ainsi que des organisations de travailleurs et d’employeurs, et d’organisations régionales et internationales.

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